L’amour a fourni à la littérature une matière qui semble inépuisable. Comme la philosophie, la littérature a développé un savoir sur l’amour, toujours inscrit dans l’histoire ; comme la religion, elle a voulu en faire un absolu ; comme la médecine, elle a établi une clinique du sentiment amoureux. La littérature a, en outre, donné forme à l’amour, au point que l’art d’aimer et l’art d’écrire soient étroitement liés. Dans toute la tradition occidentale, la littérature est la matrice de la passion. C’est pourquoi nous faisons l’hypothèse que les formes littéraires sont les plus aptes à nous faire comprendre ce que c’est que l’amour.
Nathalie Piégay est professeure ordinaire de littérature française à l’Université de Genève. Spécialiste de la littérature des XXe et XXIe siècles, elle a publié de nombreuses études sur Aragon, Claude Simon, Robert Pinget et Michel Butor. Elle est également écrivaine et a publié plusieurs récits et romans, dont Une femme invisible, La Petite ceinture, Le Caillou noir et 3 nanas.